Ancien défenseur de la Juventus, Fabio Cannavaro estime que les difficultés du club trouvent leur origine dans une mauvaise habitude de ses dirigeants.
La Juventus cherche toujours à retrouver sa place parmi les grandes puissances du football italien. Malgré les investissements consentis et les nombreux changements effectués ces dernières années, les Bianconeri peinent à reconstruire une équipe capable de rivaliser durablement pour le Scudetto. Les deux dernières victoires contre Naples et l’AZ Alkmaar ont certes offert un répit à Luciano Spalletti, mais les interrogations demeurent. Pour Fabio Cannavaro, qui connaît parfaitement les exigences du club turinois, le principal problème ne se situe pas nécessairement sur le terrain. L’ancien Ballon d’Or estime que la Juventus souffre avant tout d’un manque de continuité dans ses décisions.
Cannavaro dénonce l’instabilité permanente de la Juventus
Interrogé dans l’émission Sky Calcio Unplugged, l’ancien défenseur italien a directement mis en cause la gestion sportive du club. « Le principal problème de la Juventus, au-delà de son ADN, c’est le nombre d’entraîneurs et de dirigeants qui ont changé ces dernières années. Combien y en a-t-il eu ? Beaucoup », a-t-il déclaré, dans des propos relayés par Tuttosport.
Cannavaro considère que cette instabilité empêche le développement d’un véritable projet sportif. « Quand on choisit une personne, il faut la laisser travailler, sans faire table rase à la première difficulté, surtout dans les clubs qui ne gagnent plus depuis longtemps », a-t-il poursuivi. Une remarque qui prend une résonance particulière à Turin, où les changements d’entraîneurs se sont multipliés. Thiago Motta, Igor Tudor et Luciano Spalletti ont successivement été chargés de redresser une équipe qui n’a plus remporté le championnat depuis 2020.
« Nous étions tous des capitaines » : le souvenir d’une autre Juventus
Pour illustrer ce qui manque actuellement aux Bianconeri, Cannavaro est revenu sur son expérience de joueur à Turin. Il se souvient d’un vestiaire où les responsabilités étaient partagées et où chacun connaissait les exigences du club. « Nous étions tous des capitaines, tous des leaders silencieux. Chacun savait que, lorsqu’on arrive dans ces grands clubs, le match nul n’existe pas. Il faut seulement gagner », a-t-il raconté.
Cette culture de la victoire reposait, selon lui, sur un investissement quotidien. Il estime que les joueurs devaient travailler en permanence avec cet objectif en tête, indépendamment des difficultés rencontrées. Ses propos font écho à ceux de Spalletti, qui dénonçait récemment l’habitude prise par certains joueurs de voir les entraîneurs partir sans être eux-mêmes remis en question. Les deux hommes n’identifient toutefois pas exactement les mêmes responsables : Cannavaro insiste sur les décisions de la direction, tandis que Spalletti réclame davantage d’implication à son vestiaire. À l’heure où la Juventus tente de relancer sa saison, la question de la stabilité du projet sportif revient ainsi au centre des débats.









