Le problème de Randal Kolo Muani ne se résume pas à son manque de buts. À la veille du déplacement à Cagliari, Luciano Spalletti a surtout voulu redéfinir le rôle de son attaquant. Le technicien estime que le Français a été trop souvent utilisé comme une première pointe classique et veut désormais exploiter davantage tout ce qui fait sa singularité.
« Il a trop joué en première pointe »
Spalletti a été particulièrement précis. La Juventus veut laisser Kolo Muani plus libre, l’inciter à adopter des déplacements différents et exploiter sa capacité à courir, à partir depuis un côté ou à venir chercher le ballon plus bas. Le Français possède aussi, selon son entraîneur, des qualités dans le jeu aérien, l’acrobatie et les changements de direction qui peuvent être mieux utilisées s’il n’est pas constamment fixé entre les deux centraux adverses.
Le message est révélateur du problème offensif actuel. Depuis plusieurs semaines, la Juventus cherche un véritable finisseur de surface, au point de réfléchir déjà à d’autres profils pour les prochains mercatos. Dans ce contexte, demander à Kolo Muani de jouer autrement revient presque à reconnaître qu’il n’est pas forcément celui qui doit remplir ce rôle de manière permanente.
Spalletti ne remet pourtant pas en cause son importance. Il insiste au contraire sur la confiance du staff et sur la volonté de l’accompagner dans ses choix. Mais il attend désormais davantage de mouvement et de variété.
Cagliari comme premier test
Le déplacement en Sardaigne peut donc devenir un premier laboratoire concret de cette évolution. Face à un Cagliari qui laisse volontairement du terrain avant de partir vite en transition, les déplacements de Kolo Muani loin de l’axe pourraient créer des espaces pour Nico Gonzalez, McKennie ou Conceição.
L’objectif n’est donc pas seulement de le remettre sur le chemin du but. Spalletti cherche surtout à retrouver le joueur mobile et imprévisible qui avait séduit avant son arrivée à Turin.
Pour Kolo Muani, le message est désormais limpide : moins rester planté en numéro 9, davantage bouger pour redevenir dangereux.

