Randal Kolo Muani affiche deux visages à la Juventus. Son rendement européen contraste avec ses difficultés en championnat. Et ce n’est pas un hasard.
Un but, une passe décisive et une influence constante sur le jeu. Jeudi soir, face à l’AZ Alkmaar (2-1), Randal Kolo Muani a probablement livré sa meilleure prestation depuis son retour à la Juventus. Quelques jours après avoir été sifflé contre Naples, l’attaquant français a retrouvé cette explosivité qui faisait autrefois sa force. Mais cette renaissance soulève une interrogation : pourquoi l’ancien Parisien se montre-t-il aussi performant en Ligue Europa, alors qu’il peine toujours à convaincre en championnat ? Une analyse publiée samedi par le Corriere dello Sport apporte plusieurs éléments de réponse.
Kolo Muani profite des espaces offerts en Ligue Europa
Les statistiques illustrent parfaitement ce contraste. En quatre apparitions européennes, Kolo Muani totalise trois buts et deux passes décisives, soit une réalisation toutes les 70 minutes environ. En Serie A, son bilan est autrement plus modeste : un seul but en dix rencontres. Cette différence reflète celle de toute la Juventus, qui inscrit 2,75 buts par match en Ligue Europa, contre seulement 1,3 en championnat.
Selon le journaliste Fabrizio Patania, la principale explication réside dans la nature des oppositions. Les défenses européennes laisseraient davantage d’espaces, avec des marquages moins serrés et moins de calculs tactiques qu’en Serie A. Des conditions idéales pour un attaquant qui aime partir de loin et prendre de la vitesse. À Alkmaar, Kolo Muani a ainsi multiplié les accélérations sur le côté droit, terminant avec 23 passes réussies à 91 %, douze duels disputés et cinq ballons récupérés. Sa performance a également bénéficié de la présence de Nick Woltemade dans l’axe, chargé de fixer les défenseurs et de servir de point d’appui.
Spalletti doit trouver comment reproduire cette efficacité en championnat
Ce positionnement semble particulièrement adapté aux qualités du Français. Kolo Muani n’est pas un avant-centre classique, capable de patienter dans la surface en attendant les centres. Il a besoin de mouvement, de profondeur et de liberté. Son accélération avant la passe décisive pour Koopmeiners, puis sa récupération de balle précédant son propre but, ont parfaitement illustré cette particularité.
Reste à savoir si Spalletti pourra reproduire cette formule en Serie A, où les adversaires lui offrent généralement moins d’espace. Le retour prochain de Francisco Conceição et de Nico González pourrait également redistribuer les places sur les ailes, tandis que Kenan Yıldız renforcera la concurrence à gauche. Kolo Muani risque alors de retrouver un rôle plus axial, partagé avec Woltemade. Son regain de forme est encourageant, mais la véritable réussite de Spalletti sera de lui permettre d’exprimer les mêmes qualités face aux défenses italiennes. Dès dimanche contre la Fiorentina, le Français aura l’occasion de montrer que ses progrès ne se limitent pas aux soirées européennes.









