Malgré la victoire contre Naples, Luciano Spalletti a refroidi les ambitions turinoises. Son constat sur l’effectif est particulièrement sévère.
La victoire contre Naples (2-0) aurait pu offrir à Luciano Spalletti l’occasion de savourer enfin une soirée tranquille. Après la déroute à Gênes, la Juventus a retrouvé de la combativité, ses supporters et trois points précieux dans la course aux places européennes. Pourtant, une fois le succès acquis, l’entraîneur italien a livré un diagnostic autrement plus inquiétant sur les capacités de son équipe. Et cette fois, il n’a pas cherché à atténuer ses propos.
« Nous ne pouvons rivaliser dans aucune compétition »
En conférence de presse, Spalletti a dénoncé le décalage entre les attentes placées dans la Juventus et les moyens dont il dispose actuellement. « En ce moment, nous ne pouvons rivaliser dans aucune compétition si nous ne récupérons pas quelques joueurs », a-t-il déclaré.
Une affirmation particulièrement forte pour un club qui aspire à retrouver les premières places de Serie A et à jouer un rôle majeur en Ligue Europa. Le technicien a ensuite précisé la réalité de son quotidien : « Nous sommes treize. Sarr ne pouvait pas jouer ce soir et nous n’avions pas un autre attaquant à faire entrer. »
Les blessures ont en effet considérablement réduit ses possibilités. Manuel Locatelli, Khéphren Thuram, Kenan Yıldız et Francisco Conceição figurent parmi les absents qui privent la Juventus de plusieurs de ses principales ressources.
Spalletti a également défendu Andrea Cambiaso, contesté par une partie du public : « Tout le monde crie qu’il ne faut pas le faire jouer, mais nous n’avons personne d’autre. »
Spalletti s’attaque aux attentes autour du Scudetto
L’entraîneur ne s’est pas limité à décrire son infirmerie. Il a également contesté le discours de ceux qui présentent la Juventus comme une candidate naturelle au titre, indépendamment de sa situation. Selon lui, affirmer que les Bianconeri doivent impérativement remporter le championnat, alors que leurs concurrents pourraient se satisfaire d’une qualification en Ligue des champions, revient à déformer la réalité sportive.
Spalletti estime que cette pression supplémentaire peut peser sur la confiance de joueurs déjà fragilisés par les derniers résultats. Son message ne constitue toutefois pas un renoncement définitif aux ambitions du club. Il vise d’abord à rappeler que la Juventus actuelle ne possède pas suffisamment de solutions pour soutenir durablement le rythme des grandes compétitions.
Le succès contre Naples a montré que son groupe pouvait encore rivaliser avec un adversaire de qualité. Les prestations de Kerim Alajbegovic, Edon Zhegrova et Jérémie Boga ont même offert de nouvelles perspectives.
Mais avec un déplacement européen à Alkmaar dès jeudi, Spalletti redoute surtout l’accumulation des efforts et l’impossibilité de faire tourner son effectif.
La victoire de dimanche a soulagé la Juventus. Elle n’a manifestement pas convaincu son entraîneur que l’équipe disposait déjà des moyens de ses ambitions.









