Longtemps menée par Rennes, la Juve a arraché le nul grâce à Woltemade. Son réveil tardif laisse encore beaucoup de questions.
La Juventus attendra pour se rassurer. Quatre jours après l’humiliation infligée par la Lazio à l’Allianz Stadium (0-3), elle a concédé le nul contre Rennes, ce jeudi en Ligue Europa (2-2). Toujours invaincus dans la compétition, avec sept points en trois rencontres, les Bianconeri ont au moins évité une nouvelle défaite à domicile. Mais leur réaction finale, jusqu’au but refusé à Jhon Lucumí à la 88e minute, ne suffit pas à effacer une longue période d’impuissance. Le changement de système de Luciano Spalletti n’a pas réglé les problèmes d’une équipe encore trop facile à déstabiliser.
La Juventus démarre bien, puis laisse Rennes renverser le match
Spalletti avait cette fois associé d’entrée Nick Woltemade et Randal Kolo Muani, avec Weston McKennie en soutien dans un 3-4-1-2. Le choix semblait immédiatement récompensé. Au terme d’un mouvement collectif fluide, Woltemade glissait le ballon à Zeki Çelik, qui trompait Brice Samba d’une frappe croisée (5e). Mais la Juve abandonnait ensuite l’initiative. Sur un centre de Nagida, Bryan Reynolds, oublié par Andrea Cambiaso, remettait de la tête pour Mousa Al-Tamari, plus prompt que Federico Gatti devant le but (15e). Une avance effacée en dix minutes, avec des responsabilités défensives bien identifiables.
Les Turinois avaient pourtant les occasions de reprendre les commandes. Inspiré, Teun Koopmeiners trouvait Gatti, dont la tentative était repoussée par Samba. McKennie butait à son tour sur le gardien rennais avant de toucher le poteau dans un angle fermé. À l’autre bout du terrain, Douglas Luiz concédait un penalty en contrant du bras une reprise de Nagida. Boulaye Dia le transformait et Rennes rentrait aux vestiaires devant, tandis que les sifflets accompagnaient les joueurs de la Juventus.
Woltemade sauve un point, Lucumí croit offrir la délivrance
La reprise n’apportait d’abord aucune amélioration. Çelik, touché à la cuisse, laissait sa place à Pierre Kalulu, et la Juve continuait de subir la circulation rennaise sans presser suffisamment. Woltemade proposait des solutions, mais Kolo Muani multipliait les maladresses et les soutiens arrivaient trop tard. L’entrée de Nico Gonzalez finissait par débloquer la situation : sa tête heurtait le bras de Reynolds, offrant un penalty que Woltemade convertissait avec sang-froid (67e). L’Allemand devenait alors le moteur du réveil turinois, avec plusieurs occasions, dont une tentative sauvée par Charlie Cresswell.
L’Allianz Stadium pensait enfin tenir sa délivrance lorsque Lucumí trouvait le chemin des filets sur un coup franc de Douglas Luiz (88e). Le hors-jeu du défenseur, sanctionné après vérification vidéo, ramenait brutalement la Juve à son nul. Il restera de cette soirée la qualité de Woltemade et une volonté tardive d’aller chercher la victoire. Trop peu, toutefois, pour parler de déclic. Après avoir longtemps attendu les exploits de ses attaquants pour masquer ses insuffisances, la Juventus doit retrouver un fonctionnement collectif. Les déplacements à Lecce et au Genoa, puis la réception de Naples, laisseront peu de répit à Spalletti.









