Après le naufrage contre la Lazio, Luciano Spalletti n’a pas seulement critiqué ses joueurs. Pour la première fois, l’entraîneur s’interroge ouvertement sur sa propre gestion et l’adhésion de son groupe.
La défaite 3-0 contre la Lazio a fait tomber une barrière dans le discours de Luciano Spalletti. Jusqu’ici, l’entraîneur défendait son processus malgré les résultats irréguliers. Dimanche soir, il a pour la première fois admis devoir remettre profondément en question sa manière de gérer la Juventus. Plus fort encore : interrogé sur l’adhésion de son vestiaire, il n’a pas été capable d’apporter une réponse totalement affirmative.
« Jusqu’à hier, je pense pouvoir dire oui. Aujourd’hui, probablement, je ne sais pas », a reconnu Spalletti lorsqu’on lui a demandé si l’équipe le suivait toujours. Il a immédiatement rappelé entretenir de bonnes relations avec ses joueurs, mais l’aveu reste particulièrement lourd après une prestation qu’il a lui-même qualifiée d’insuffisante.
« Je dois me poser des questions »
Spalletti ne cherche d’ailleurs pas à reporter toute la responsabilité sur son groupe. Il se dit « préoccupé » et estime que si l’équipe régresse au lieu de progresser, il doit commencer par analyser son propre travail. « Je vais revoir ce que j’ai fait jusqu’ici », a-t-il annoncé, en évoquant notamment sa gestion du groupe.
Le problème dépasse désormais la tactique. Face à la Lazio, Spalletti a vu une équipe sans rythme suffisant, incapable d’anticiper les événements et trop fragile mentalement. Pour lui, changer un système ou ajouter un attaquant ne sert à rien si la faim, le courage et le caractère ne suivent pas.
Un discours qui change de dimension
La Juventus sortait pourtant d’une victoire européenne à Vigo. Trois jours plus tard, elle a été battue sans discussion devant son public, avec trois buts encaissés et une seconde période où la réaction attendue n’est jamais venue.
Spalletti ne parle donc plus simplement de détails à corriger. Il se demande désormais si son message produit encore les effets qu’il pensait voir.
Et lorsqu’un entraîneur en arrive publiquement à poser cette question, le problème n’est plus seulement celui d’un mauvais match.









