La Juventus semble avoir trouvé un peu de stabilité avec sa nouvelle organisation. Mais cette solution impose des sacrifices que Spalletti ne cache plus.
La victoire de la Juventus à Lecce (2-0) a confirmé une tendance amorcée quelques jours plus tôt contre Rennes. Confronté aux difficultés de son équipe, Luciano Spalletti a abandonné une partie de ses principes offensifs pour privilégier une organisation plus prudente. Le changement a produit des effets encourageants, mais il pourrait aussi rebattre les cartes dans la hiérarchie des joueurs.
Les ailiers de la Juventus pénalisés par le 3-5-2
Le nouvel équilibre repose sur un 3-5-2, avec trois milieux axiaux et deux attaquants de pointe. Cette disposition a permis aux Bianconeri de mieux protéger leur défense et de réduire les espaces laissés aux adversaires. En contrepartie, elle supprime les postes naturels des ailiers offensifs.
Spalletti l’a lui-même reconnu après le succès à Lecce. « Certaines qualités nous manquent, notamment celles des attaquants excentrés capables de gagner leurs duels en un contre un, qui nous ont fait du bien auparavant », a expliqué le technicien italien à Sky Sport.
Une déclaration qui concerne directement Francisco Conceição et Edon Zhegrova, deux joueurs dont les qualités s’expriment prioritairement sur les côtés. Conceição est actuellement blessé, tandis que Zhegrova doit déjà composer avec une concurrence importante et une situation délicate dans la rotation.
Le problème dépasse toutefois leur seul cas. Dans un système privilégiant deux pointes, Spalletti dispose de moins de possibilités pour faire entrer des profils de percussion sans bouleverser son organisation. Une contrainte qui pourrait devenir déterminante au retour des blessés.
Spalletti face à un dilemme offensif
L’entraîneur a également évoqué l’absence de Nico Gonzalez pour expliquer les limites de ses options. Avec deux attaquants alignés dès le coup d’envoi, les solutions de remplacement se réduisent, notamment lorsque les rencontres deviennent plus physiques.
Cette évolution intervient alors que le rendement offensif de la Juventus reste irrégulier. À Lecce, McKennie et Douglas Luiz ont inscrit les deux buts, tandis que l’association Woltemade-Kolo Muani n’a pas véritablement convaincu. Le retour à une structure plus solide n’a donc pas encore résolu les difficultés des avant-centres.
Spalletti ne présente d’ailleurs pas son 3-5-2 comme une formule miraculeuse. Il a regretté le manque d’initiative de ses joueurs après la pause et leur incapacité à conserver la même intensité pendant toute la rencontre.
La Juventus possède désormais une organisation susceptible de lui rendre de la confiance. Mais si ce système s’installe durablement, plusieurs joueurs offensifs pourraient perdre de leur influence. C’est tout le paradoxe de ce choix : pour retrouver un collectif plus équilibré, Spalletti doit momentanément renoncer à certaines de ses individualités les plus créatives.

