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Moggi-Giraudo : vingt ans après Calciopoli, la guerre interne de la Juve ressurgit

Derrière le clash Moggi-Giraudo, une vieille guerre de pouvoir revient à la Juventus (Getty)

Derrière le clash Moggi-Giraudo, une vieille guerre de pouvoir revient à la Juventus (Getty)

Pendant plus d’une décennie, Luciano Moggi et Antonio Giraudo ont incarné avec Roberto Bettega la direction qui avait installé la Juventus au sommet du football italien. Vingt ans après Calciopoli, l’ancienne alliance n’existe pourtant plus. Dans le podcast Centrocampo, Moggi a affirmé qu’ils avaient été « comme des frères », avant d’ajouter qu’il ne considérait désormais même plus Giraudo comme une connaissance. Puis il a lâché une phrase autrement plus lourde : « À la Juventus, les trahisons sont à l’ordre du jour. »

L’éloge d’Elkann que Moggi ne pardonne pas

La rupture remonte notamment à l’interview accordée par Giraudo en septembre, lors de laquelle l’ancien administrateur délégué avait multiplié les compliments envers John Elkann. Il avait salué son parcours à la tête d’Exor et expliqué qu’il ne retournerait au Stadium que sur invitation de l’héritier de Gianni Agnelli.

C’est précisément ce passage que Moggi dit ne pas comprendre. Selon lui, Giraudo aurait pu évoquer, parmi les causes profondes de Calciopoli, le changement de rapports de force à l’intérieur de la galaxie Agnelli. Il affirme surtout que ce ne serait pas Elkann lui-même, mais Franzo Grande Stevens et Gianluigi Gabetti, figures historiques de la famille, qui auraient contribué à écarter Giraudo.

Cette lecture n’est pas nouvelle. En 2023, l’ancien désignateur arbitral Paolo Bergamo avait raconté dans l’émission Report l’existence supposée d’un accord politico-industriel impliquant notamment Gabetti, Grande Stevens, Luca di Montezemolo, Marco Tronchetti Provera et les Elkann. Selon sa version, cette recomposition devait favoriser John Elkann au sommet du groupe Fiat, alors que la proximité de Moggi et Giraudo avec Umberto Agnelli aurait renforcé le poids d’Andrea Agnelli. Mais cette reconstruction reste une thèse rapportée par Bergamo, et non un fait judiciairement établi sur les causes de Calciopoli.

Une vieille fracture qui résonne encore aujourd’hui

C’est ce qui donne au clash actuel une portée supérieure à un simple règlement de comptes entre anciens dirigeants. Moggi et Giraudo se disputent désormais sur qui a réellement abandonné qui en 2006, mais aussi sur la place des Elkann dans la transformation du pouvoir autour de la Juventus.

Le sujet résonne d’autant plus fortement que la succession Agnelli reste encore aujourd’hui devant la justice dans le conflit opposant Margherita Agnelli à ses enfants autour notamment de la société Dicembre, pièce centrale de la structure patrimoniale familiale.

Cela ne prouve évidemment pas que Calciopoli fut d’abord une guerre de succession. Mais vingt ans après, ceux qui dirigeaient alors la Juventus continuent eux-mêmes de relier cette chute à quelque chose de beaucoup plus vaste que le seul terrain.

Et cette fois, ils ne le racontent même plus d’une seule voix.

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