La priorité a été clairement définie par Giovanni Carnevali : avant de reparler de Scudetto et de retrouver les ambitions historiques de la Juventus, le club doit d’abord revenir en Ligue des champions. Les nombreuses blessures subies depuis le début de saison, notamment celles de Kenan Yildiz, Manuel Locatelli et Khéphren Thuram, ont sérieusement compliqué le travail de Luciano Spalletti. Mais tout ne pourra pas éternellement être expliqué par l’infirmerie. Dans moins de trois mois, la direction disposera d’une occasion très concrète de corriger l’un des principaux défauts de l’effectif.
Dans une tribune publiée ce jeudi par La Gazzetta dello Sport, Alessandro Vocalelli fixe même une date symbolique : le 28 décembre, jour annoncé pour l’ouverture du mercato hivernal. À ses yeux, la Juventus doit être prête à ce moment-là et non commencer seulement à chercher son attaquant.
Cette fois, attendre la fin du mercato serait une erreur
L’été dernier constitue précisément le scénario que Turin doit éviter de reproduire. La recherche d’un avant-centre s’était prolongée jusqu’aux dernières heures du marché avant l’arrivée de Nick Woltemade en prêt. L’Allemand n’a pour l’instant pas apporté la présence dans la surface et l’efficacité que la Juventus espérait, au point que le club réfléchit déjà à d’autres profils pour la saison prochaine.
En janvier, le calendrier ne permettra pas la même patience. Selon le raisonnement développé par Vocalelli, le futur renfort offensif devrait idéalement être disponible dès la reprise à Bologne, le 3 janvier, puis suffisamment intégré pour le choc face à l’Inter une semaine plus tard.
La différence est importante. Recruter un buteur le 30 janvier signifierait perdre presque un mois supplémentaire et plusieurs rencontres d’une course à la Ligue des champions dans laquelle chaque point pourrait compter. L’objectif n’est donc plus simplement de réussir le mercato hivernal, mais de le préparer assez tôt pour que son principal renfort soit opérationnel immédiatement.
Les 250 millions ne seront pas tous destinés au marché
L’augmentation de capital allant jusqu’à 250 millions d’euros annoncée par la Juventus change également le contexte. Cette somme ne constitue évidemment pas une enveloppe intégralement disponible pour acheter des joueurs : elle doit aussi soutenir les finances du club et ses différents projets stratégiques.
Elle enlève néanmoins une partie de l’argument financier qui pouvait pousser la direction à attendre une opportunité de dernière minute. Si la Juventus considère réellement la qualification pour la prochaine Ligue des champions comme indispensable, une partie des ressources disponibles devra permettre de corriger les faiblesses sportives les plus évidentes.
Or l’attaque demeure l’une d’elles. Spalletti a lui-même insisté sur la nécessité d’obtenir davantage de présence et de férocité dans la surface, notamment lorsqu’il a évoqué le travail réalisé avec Kolo Muani. La Juve possède des joueurs capables de créer, de décrocher et de combiner, mais manque encore d’un attaquant qui transforme régulièrement les actions en buts.
Un joueur déjà prêt pour la Serie A ?
La tribune de la Gazzetta avance également une idée intéressante sur le profil à rechercher. Dans une situation aussi urgente, mieux vaudrait éviter un pari nécessitant plusieurs mois d’adaptation et privilégier un attaquant connaissant déjà la Serie A.
Nikola Krstović et Keinan Davis sont cités comme exemples possibles. Le premier doit composer avec la concurrence de Gianluca Scamacca à l’Atalanta, tandis que le second possède déjà une longue expérience du championnat italien avec l’Udinese. Aucun de ces deux noms ne doit encore être présenté comme une négociation avancée, mais ils illustrent assez bien le cahier des charges : puissance, connaissance du championnat et capacité à entrer immédiatement dans la rotation.
Cette logique peut sembler moins spectaculaire que la recherche d’un grand nom international. Elle correspond pourtant davantage à l’urgence du moment. La Juventus n’a pas besoin en janvier d’un attaquant qui pourrait devenir excellent dans six mois. Elle a besoin de buts dès janvier.
Une responsabilité qui va progressivement changer de camp
Jusqu’ici, Spalletti possède de nombreuses circonstances atténuantes. Perdre simultanément plusieurs titulaires majeurs aurait déséquilibré n’importe quelle équipe, et la Juventus reste encore privée de joueurs essentiels pour plusieurs semaines.
Mais le rapport de forces va progressivement évoluer. Les internationaux reviennent, Cambiaso est disponible, plusieurs alertes physiques se sont dissipées et le mercato offrira bientôt à la direction la possibilité d’intervenir.
À partir de là, le bilan ne pourra plus seulement être évalué en fonction des absents. Carnevali et son équipe devront également répondre sur leur capacité à fournir à Spalletti ce qui manque depuis le début de saison.
C’est pourquoi le 28 décembre peut devenir beaucoup plus qu’une simple ouverture de mercato. Si la Juventus arrive à cette date avec son dossier offensif quasiment bouclé, elle pourra attaquer 2027 avec une faiblesse en moins. Si elle recommence au contraire une longue chasse à l’attaquant, le risque sera de perdre de précieuses semaines.
La qualification pour la Ligue des champions se gagnera évidemment sur les terrains de Serie A. Mais une partie de la bataille pourrait bien se décider dans les bureaux de la Continassa avant même le premier match de janvier.

