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Conte décrit son prochain club idéal… et la Juventus coche beaucoup de cases

Antonio Conte bientôt de retour à la Juventus ? (Getty)

Antonio Conte bientôt de retour à la Juventus ? (Getty)

À première vue, Antonio Conte n’est pas pressé. Quelques heures avant que ses propos à The Athletic ne nourrissent les spéculations, l’ancien entraîneur de Naples tenait un discours plus posé au Festival dello Sport. Invité à célébrer les trente ans de la Ligue des champions remportée par la Juventus en 1996, il expliquait profiter de cette saison pour « rester tranquille » et récupérer.

Il a ensuite décrit son prochain défi : un club dont « l’histoire parle d’elle-même », mais qui s’est quelque peu éloigné de ce qu’il représentait autrefois. Un endroit où la pression existe toujours et où l’on vient avec l’ambition de lutter à nouveau pour les grands trophées.

Manchester United est le premier nom qui vient à l’esprit. Mais le portrait colle aussi à la Juventus.

Manchester United d’abord, la Juventus aussi

Les mots de Conte correspondent à la situation de Manchester United, un club qui n’a plus remporté la Premier League depuis 2013 et dont le début de saison sous Michael Carrick suscite déjà des doutes. La presse anglaise y a largement vu un rappel : l’Italien reste disponible pour un grand projet en Premier League.

La Juventus remplit elle aussi une bonne partie du cahier des charges. Le club turinois n’a plus remporté le Scudetto depuis 2020, reste en quête d’un retour durable en Ligue des champions et cherche toujours à retrouver la stabilité qui lui a permis de dominer l’Italie pendant près d’une décennie.

Conte a déjà fait ce travail. Lorsqu’il était revenu à Turin en 2011, la Juventus sortait de deux septièmes places consécutives. Sa première saison avait débouché sur un Scudetto sans la moindre défaite. Deux ans plus tard, les Bianconeri terminaient champions avec 102 points. Trois titres consécutifs avaient lancé une dynastie qui allait durer neuf saisons.

Mais la Juventus vient de fermer la porte

Quelques jours avant l’interview de Conte, Giovanni Carnevali a publiquement écarté l’idée d’un retour. « Conte est un ami et un entraîneur top, mais il n’est pas dans nos pensées et ne l’a jamais été », a déclaré le dirigeant au Festival dello Sport. Il a surtout insisté sur la nécessité de donner de la continuité à Luciano Spalletti et à son staff après plusieurs années de changements.

Aucun élément ne laisse penser que la Juventus prépare un changement d’entraîneur. Les mots de Conte collent au profil du club, mais aucune négociation n’est évoquée.

Un modèle qui n’est pas celui que Conte réclame

Conte insiste sur un principe : l’entraîneur doit être pleinement soutenu par le club et placé au centre du projet. Il veut une direction sportive et un coach qui avancent selon une seule vision.

Or la Juventus actuelle construit un modèle plus réparti. Carnevali dirige, Frederic Massara supervise le football, Marco Ottolini s’occupe du sportif et Giorgio Chiellini occupe un rôle institutionnel important.

Conte a toujours donné son meilleur dans les environnements où son influence dépassait largement le choix du onze. C’est là que se situerait le point de friction.

Les tifosi n’ont plus tous le même regard sur lui

Pour une génération de supporters, Conte reste celui qui a rendu à la Juventus l’obsession de gagner qui a porté tout le cycle suivant. Mais son passage à l’Inter, son conflit avec Andrea Agnelli puis ses deux saisons à Naples ont modifié son image. Lors de ses derniers retours au Stadium, l’accueil a été nettement moins chaleureux qu’autrefois. Une partie des tifosi voit toujours en lui l’artisan de la dynastie ; une autre estime que certaines frontières ont été franchies depuis son départ.

Un nouveau Conte-Juve ne serait plus un retour romantique.

Le profil colle, la porte reste fermée

Conte a décrit un club à l’histoire lourde, sous pression permanente, éloigné des trophées et en reconstruction. Manchester United y répond mieux, avec un banc plus fragile, et Turin vient de dire publiquement qu’il ne cherche pas Conte.

La question reste pourtant posée : si la Juventus devait un jour changer de direction sportive, serait-elle encore compatible avec l’homme qui l’avait réveillée en 2011 ?

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